David Belliard transforme Paris en capitale du vélo depuis 2020. Mais concrètement, qu’est-ce que ça change pour vous qui envisagez d’acheter un VAE ou qui pédalez déjà ? Entre nouvelles aides financières, explosion du Vélib’ électrique et multiplication des infrastructures, faisons le point sans langue de bois sur ce qui fonctionne vraiment… et ce qui coince encore.
David Belliard : l’architecte de la révolution du vélo à Paris

Adjoint à la transformation de l’espace public et aux transports depuis 2020, cet élu EELV a fait du vélo (dont le VAE) son cheval de bataille. Son constat de départ ? Le VAE est LA solution pour démocratiser la pratique cyclable. Il gomme les contraintes du relief, rend accessibles les longues distances et permet à ceux qui transpirent facilement de dire adieu aux douches d’arrivée au bureau.
Né en 1978, cet ancien journaliste d’Alternatives économiques connaît son dossier sur le bout des doigts. Depuis qu’il siège au Conseil de Paris en 2014, il a gravi tous les échelons jusqu’à obtenir carte blanche pour transformer la capitale. Et en mars 2025, il obtient l’investiture des Écologistes pour les municipales de 2026 : un signal fort qu’il compte aller encore plus loin.
Les aides à l’achat : ce qui a vraiment changé en 2025
Le plafond de ressources revue à la hausse
C’est LA grande nouvelle de 2025 : le plafond de revenu fiscal de référence par part est passé de 6 300 € à 10 000 €. Concrètement, beaucoup plus de Parisiens peuvent désormais bénéficier des aides municipales. Si vous étiez juste au-dessus du seuil l’année dernière, vérifiez votre éligibilité : vous pourriez avoir de bonnes surprises.
Les montants disponibles pour votre VAE
La Ville de Paris vous propose 50% du prix d’achat HT de votre vélo électrique, plafonné à 400 €. Pour un vélo cargo électrique, l’aide grimpe jusqu’à 600 €. Et si vous optez pour un kit d’électrification pour transformer votre vieux vélo ? L’aide couvre 33% du prix HT, toujours avec un plafond à 400 €.
Petit bonus souvent méconnu : vous pouvez obtenir une aide complémentaire pour vos accessoires de sécurité (casque, antivol) à hauteur de 33% du prix HT, plafonnée à 50 €. Pratique quand on sait qu’un bon antivol coûte facilement 80-100 €.
Cumuler les aides : le mode d’emploi
Vous pouvez empiler les aides de Paris avec celles d’Île-de-France Mobilités. La Région propose jusqu’à 600 € pour un VAE, soit 50% du prix d’achat. Attention : le plafond régional est diminué du montant versé par Paris. Si Paris vous donne 400 €, la Région ne vous versera que 200 € maximum.
Mauvaise nouvelle par contre : la prime à la conversion et le bonus vélo de l’État ont été supprimés le 15 février 2025. Ça fait un gros trou dans le financement pour les ménages modestes qui voulaient abandonner leur vieille voiture diesel.
Pour les professionnels ? Les entreprises de moins de 50 salariés et auto-entrepreneurs peuvent obtenir 50% du prix HT d’un vélo cargo professionnel, plafonné à 1 200 €. Parfait si vous êtes artisan, livreur ou commerçant.
À LIRE – Guide des aides financières pour l’achat d’un VAE
Vélib’ et vélos en libre-service : l’explosion de l’offre électrique
La révolution d’octobre 2025

Depuis octobre 2025, trois nouveaux opérateurs se partagent le marché des vélos électriques en libre-service : Dott (fusionné avec Tier), Lime et Voi. Chacun déploie entre 3 000 et 6 000 vélos électriques, soit un total oscillant entre 9 000 et 22 500 VAE disponibles selon les saisons.
Ce qui change pour vous ? Plus de disponibilité, notamment pour les trajets occasionnels et touristiques. Ces vélos viennent compléter les 20 000 Vélib’, dont désormais près de 40% sont électriques.
Les petits problèmes du Vélib’ électrique
David Belliard l’a reconnu lui-même au Conseil de Paris : le Vélib’ est « victime de son succès ». Les vélos électriques représentent 50% des courses alors que l’appel d’offres initial prévoyait 30%. Résultat ? Stations vides, vélos en panne d’assistance, maintenance qui peine à suivre…
La Ville négocie actuellement avec Smovengo pour améliorer la qualité de service. Belliard a été clair : « il n’y aura pas d’accord avec Smovengo s’il n’y a pas d’engagement ferme sur une amélioration importante de la qualité de service ».
Le financement municipal
Les trois opérateurs de vélos en free-floating reverseront 4 millions d’euros par an à la Ville à partir de 2026, contre seulement 600 000 € actuellement. Pour David Belliard, c’est logique : « Chaque fois que nous construisons des pistes cyclables, les opérateurs en profitent, ce n’est donc pas anormal qu’ils y contribuent financièrement ». Ces revenus permettent de financer de nouveaux aménagements cyclables.
L’infrastructure pour VAE : là où ça avance (et où ça coince)

Les pistes cyclables continuent de se multiplier
Depuis 2020, Paris a gagné plus de 300 km d’aménagements cyclables supplémentaires. Le budget du Plan Vélo 2021-2026 atteint 250 millions d’euros, soit 100 millions de plus que le mandat précédent.
Ces nouvelles pistes, vous les connaissez : rue de Rivoli définitivement fermée aux voitures, avenue de la République réaménagée, boulevard Saint-Michel transformé… Ces « coronapistes » devenues permanentes ont redessiné votre quotidien de cycliste.
Et ça se voit dans les chiffres : en 2024, la fréquentation des pistes cyclables a bondi de 34% par rapport à 2023. Plus vous êtes nombreux à pédaler, plus la sécurité s’améliore par effet de masse.
Le stationnement sécurisé : le point noir qui s’améliore doucement
Le vol reste LE frein majeur à l’achat d’un vélo électrique. David Belliard le sait, et la Ville multiplie les solutions.
Des vélostations ont été créées près de Gare de Lyon, Gare Montparnasse et dans le parking Lobau (Paris Centre). La vélostation de Gare de Lyon offre 198 places dont 32 dédiées aux VAE avec possibilité de recharge.
Île-de-France Mobilités a déployé 29 500 places de stationnement vélo entre 2011 et 2023, avec un objectif de 140 000 places dans les gares et stations. Pour les détenteurs d’un Pass Navigo annuel, c’est gratuit. Pour les autres : 2€/jour, 10€/mois ou 30€/an.
Dans les parkings privés, des acteurs comme 12.5 et Yespark proposent des places à partir de 10 €/mois dans des parkings souterrains sécurisés. 12.5 a réussi à créer plus de 10 000 places dans 800 parkings parisiens : plus que le nombre de stations de métro !
Bon plan méconnu : la Ville de Paris finance 100 € par an votre abonnement à un parking vélo sécurisé. Ça couvre totalement un abonnement chez 12.5 ou Yespark.
Les bornes de recharge : encore trop rares
C’est le parent pauvre des infrastructures. Si vous avez un vélo avec batterie amovible, pas de souci. Mais pour les VAE avec batterie intégrée, trouver une prise en journée relève du parcours du combattant. Quelques vélostations proposent des bornes, mais c’est largement insuffisant pour l’explosion du parc de vélos électriques.
Ce qui vous attend en 2026 si David Belliard devient maire

Hypothèse 1 : L’accélération massive
Si David Belliard remporte la mairie en mars 2026, attendez-vous à un changement de braquet. Son programme promet « 100 hectares supplémentaires rendus à la marche à pied » et la piétonnisation de la place de la République.
Pour les cyclistes, ça signifierait :
- Une extension du réseau RER Vélo avec des tronçons enfin finalisés entre Paris et sa banlieue
- Des budgets renforcés pour le stationnement sécurisé
- Peut-être même une aide municipale bonifiée pour les vélos électriques
Hypothèse 2 : Les freins budgétaires
Mais voilà : transformer Paris coûte cher. L’entretien des 1 000+ km d’aménagements cyclables représente un budget croissant. Nettoyage, réparation des revêtements, déneigement hivernal… Plus le réseau s’étend, plus la facture grimpe.
La question du financement se posera avec acuité. Paris a des marges budgétaires limitées, et devra chercher des cofinancements régionaux et nationaux pour les grands projets.
Hypothèse 3 : Le scénario réaliste
Plus probablement, David Belliard devra composer. Avec les autres forces de gauche d’abord, avec les réalités budgétaires ensuite. On peut s’attendre à :
- Une poursuite du déploiement des aides à l’achat de VAE, voire une hausse des plafonds
- Une accélération sur les projets faciles à réaliser (nouvelles pistes, stationnements)
- Une temporisation sur les projets les plus conflictuels (fermetures de rues, zones à trafic limité)
Les vrais enjeux pour les cyclistes électriques en 2026
La formation et la sécurité
Plus de vélos électriques = plus de risques d’accidents, surtout pour les nouveaux pratiquants. La Ville finance déjà les stages de remise en selle à hauteur de 60 €, soit 60% du coût. Mais l’effort doit être massifié, surtout avec l’arrivée de cyclistes seniors ou peu sportifs attirés par l’assistance électrique.
L’intermodalité vélo-transports

Le gros chantier des prochaines années, c’est l’articulation VAE + métro/RER. Les véloparcs en gare restent largement insuffisants. Si vous habitez en banlieue et travaillez à Paris, garer votre VAE près de votre gare reste compliqué.
Une victoire de David Belliard pourrait accélérer le déploiement de ces équipements, avec des partenariats renforcés entre la Ville et Île-de-France Mobilités.
La lutte contre le vol
Malgré tous les efforts, le vol reste le cauchemar des propriétaires de VAE. Un vélo électrique coûte entre 1 500 et 3 000 €, parfois bien plus. La multiplication des stationnements sécurisés est une première étape, mais il faut aussi :
- Renforcer la vidéosurveillance autour des points de stationnement
- Développer les assurances accessibles
- Améliorer l’efficacité du marquage obligatoire pour récupérer les vélos volés
Notre verdict : une vraie dynamique, des défis persistants
Cinq ans après son arrivée, David Belliard a indéniablement transformé le visage du vélo électrique à Paris. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : aides bonifiées, Vélib’ électrique à 40% de la flotte, des dizaines de milliers de places de stationnement sécurisé créées, 250 millions d’euros investis dans les aménagements cyclables.
Pour vous qui envisagez d’acheter un VAE en 2025-2026, c’est globalement une bonne nouvelle. Les aides sont conséquentes (jusqu’à 1 000 € en cumulant Paris et la Région), les pistes cyclables s’étendent, les solutions de stationnement se multiplient.
Mais soyons honnêtes : tout n’est pas rose. Le vol reste un fléau, la qualité de service du Vélib’ électrique déçoit régulièrement, tous les quartiers ne sont pas égaux devant les aménagements, et les bornes de recharge restent rares.Si David Belliard remporte la mairie en 2026, Paris entrera dans une nouvelle phase de transformation. Plus ambitieuse, mais aussi potentiellement plus conflictuelle. Le débat sur la place de la voiture et du vélo électrique en ville est loin d’être terminé. Et c’est peut-être ça, finalement, le vrai legs de David Belliard : avoir imposé le vélo électrique comme un sujet politique majeur, incontournable dans le débat public parisien.
FAQ David Belliard et les mobilités à Paris
David Belliard est l’adjoint à la transformation de l’espace public et aux transports de la Ville de Paris depuis 2020. Élu EELV, il supervise les politiques de mobilité, les aménagements cyclables et la piétonnisation de la capitale.
David Belliard a étendu le réseau cyclable parisien de 30% depuis 2020, généralisé les zones 30, développé le Vélib’ électrique et multiplié les stationnements sécurisés. Il a aussi soutenu les aides financières pour l’achat de vélos électriques.
Le RER Vélo est un réseau express cyclable régional de 650 km porté par Île-de-France Mobilités. Plusieurs lignes traverseront Paris, créant des axes rapides et sécurisés pour les déplacements vélo longue distance en métropole.
La Région Île-de-France propose une prime pouvant atteindre 500€ pour l’achat d’un vélo électrique. Paris complète par des aides spécifiques selon les situations. Il est recommandé de vérifier les conditions d’éligibilité actualisées sur le site d’IDFM.
Non, il s’agit plutôt de réduire la place de la voiture au profit des mobilités douces et des transports en commun. L’objectif est de créer une ville apaisée, pas d’interdire totalement l’automobile, qui garde sa place pour certains usages.
L’objectif est ambitieux et dépendra de la continuité des réseaux, de leur qualité, de la sécurité et de l’intermodalité avec les transports en commun. Le RER Vélo et les aménagements en cours y contribuent fortement.



